RECONQUÉRIR NOS MARCHÉS, NOTRE COMPÉTITIVITÉ ET NOS LETTRES DE NOBLESSE

Une crise historique pour la viticulture française

La viticulture française traverse la plus grave crise de son histoire contemporaine.

En cinq ans, les coûts de production ont bondi de 50 %. En soixante-dix ans, la consommation intérieure a reculé de 60 %. Une nouvelle baisse de 15 % est annoncée pour la décennie qui vient.

À l’export, les volumes ont chuté de 20 % en dix ans.

En 2023, 24 000 hectares ont déjà été arrachés, soit l’équivalent de la superficie du vignoble du Beaujolais.

De nouveau, 27 926 hectares de demandes d’arrachage ont déjà été déposées en 2026, pour 5 823 dossiers. C’est la mesure d’une restructuration qui ne peut pas être la seule réponse à la crise.

Nous refusons que la sortie de crise se résume à arracher, distiller et subventionner le déclin.

Nous refusons, surtout, qu’on laisse s’effacer en silence ce qui fait la grandeur du vin français : son histoire, son terroir et sa place à la table des Français.

Défendre le vin français et sa place dans notre culture

Derrière les chiffres se joue un combat culturel que la Coordination Rurale entend porter haut.

Depuis des années pourtant, des politiques hygiénistes, portées par des lobbies déconnectés du terrain, assimilent le vin aux alcools industriels. Elles étouffent sa promotion sous une réglementation à bout de souffle.

La loi Évin est devenue un carcan. Elle interdit à un petit vigneron de simplement raconter son métier, quand la bière et les alcools industriels étrangers, eux, communiquent librement sur toutes les scènes.

La Coordination Rurale porte et assume une réforme profonde, voire la suppression pure et simple, de la loi Évin.

Nous voulons que nos vignerons puissent de nouveau parler de leur travail, de leur terroir et de leur savoir-faire, sans craindre un procès.

Nous voulons retrouver une politique fière de valoriser nos vins et nos spiritueux d’exception, notamment le Cognac et l’Armagnac.

L’Éducation nationale doit transmettre aux jeunes générations la culture, le goût et la fierté d’un patrimoine gastronomique qu’elles connaissent chaque année un peu moins.

Une bataille économique indispensable

Cette bataille culturelle ne dispense pas d’une bataille économique.

L’accès à l’eau

L’eau, d’abord : sans irrigation, pas d’avenir pour de nombreux bassins.

Comme le confirment encore les difficultés rencontrées cette année, la révision de la loi sur l’eau et le développement des retenues collinaires ne sont plus une option.

La simplification des normes

La simplification, ensuite : facturation électronique, calendrier phytosanitaire informatisé, QR code, Adelphe, et maintenant les PFAS…

Chaque nouvelle contrainte européenne s’ajoute sans jamais rien retrancher.

Un audit complet des agences — INAO, ANSES, FranceAgriMer, notamment — permettrait enfin de supprimer les doublons.

La Coordination Rurale alerte sur l’accumulation des normes et sur une réglementation environnementale déconnectée des réalités agricoles.

Un audit général des nouvelles normes mises en place au cours des quarante dernières années doit permettre d’évaluer concrètement leurs effets et leurs retombées positives pour les viticulteurs.

Cette évaluation doit porter aussi bien sur les conditions de production que sur la commercialisation et la vente du vin.

Aucune interdiction sans solution alternative

Concernant le cuivre et les matières actives, aucune interdiction ne doit être prononcée sans solution alternative réellement opérationnelle.

Sans cela, nos exploitations risquent d’être placées dans des impasses agronomiques.

La répartition de la valeur avec la grande distribution et la restauration doit également faire l’objet d’une véritable transparence.

La Coordination Rurale porte la suppression de l’ANSES ainsi qu’une homogénéisation des règles avec la mise en place d’une AMM communautaire.

Protéger nos marchés et notre agriculture

Sur la scène commerciale, la Coordination Rurale s’oppose fermement au Mercosur et à tout accord multilatéral qui sacrifierait notre agriculture.

Elle défend des accords bilatéraux négociés filière par filière.

Une vigilance particulière sur le projet de foncière à Bordeaux

La Coordination Rurale restera très vigilante sur le projet de foncière engagé sur 30 000 hectares à Bordeaux.

Notre syndicat estime que ce projet a le mérite de constituer une proposition de réponse à la problématique des vignes arrachées.

Toutefois, au regard de la composition de cette foncière, le risque de dérive environnementale est bien présent.

Il ne faudrait pas écarter des projets agricoles cohérents et respectueux de la liberté de production sur nos territoires.

LES DEMANDES DE LA COORDINATION RURALE

  • Réformer profondément, voire supprimer, la loi Évin, afin de libérer la communication des vignerons, notamment celle des petites exploitations.
  • Sécuriser l’accès à l’eau : révision de la loi sur l’eau, développement des retenues collinaires et mise en œuvre d’une politique de grands travaux permettant une interconnexion des bassins.
  • Simplifier l’administration : audit des structures et suppression des doublons entre l’INAO, l’ANSES, l’OFB, FranceAgriMer, etc.
  • Réduire les charges salariales : suppression totale des charges sociales salariales et patronales au niveau du SMIC, puis diminution progressive de cet allègement jusqu’à 1,8 SMIC.
  • Assurer une meilleure répartition de la valeur avec la grande distribution et la restauration.
  • Renforcer la transparence sur les marges : communication du coefficient multiplicateur en bout de chaîne, notamment sur les cartes des restaurants.
  • S’opposer au principe des traités multilatéraux dont la négociation a été confiée à l’Union européenne. La France doit reprendre la main sur la négociation de ses accords commerciaux et privilégier les accords bilatéraux.
  • Assouplir le cadre réglementaire des SIQO, afin de permettre l’émergence de grandes « marques ombrelles » régionales, à l’image de Sud de France.
  • N’interdire aucune matière active, cuivre compris, sans solution alternative opérationnelle.
  • Réformer la fiscalité de transmission : suppression des frais de mutation dans le cadre familial, en contrepartie d’un engagement de dix ans du repreneur.
  • Réintroduire dans les programmes scolaires des éléments consacrés à la transmission du patrimoine gastronomique et viticole français.

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