Condamnation de Bertrand Venteau : la justice a rendu sa décision, le combat syndical continue !

La Coordination Rurale prend acte du jugement rendu ce jeudi 15 octobre par le tribunal correctionnel d’Auch, condamnant son président national, Bertrand Venteau, à une amende de 15 000 euros, dont 10 000 euros avec sursis, pour des propos tenus lors de l’assemblée générale du syndicat en novembre 2025, laquelle n’était pas publique.

Bertrand Venteau a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
La Coordination Rurale respecte l’institution judiciaire et les décisions qu’elle rend. Elle rappelle néanmoins que la liberté d’expression syndicale, y compris lorsqu’elle est vigoureuse, constitue un élément essentiel du débat démocratique.

Les propos de Bertrand Venteau s’inscrivaient, selon lui, dans une dénonciation politique des orientations environnementales qu’il considère responsables de l’affaiblissement de l’agriculture française. Cette interprétation n’a pas été retenue par le tribunal. Elle pourra être défendue dans le cadre de la procédure d’appel.

Sandrine Rousseau : les appels à la confrontation doivent-ils être appréciés avec la même exigence ?
Cette décision intervient alors que les déclarations de la députée Sandrine Rousseau, prononcées le 23 août dernier lors de l’université d’été du mouvement REV, ont également suscité une vive controverse. Appelant à s’opposer à l’ouverture de la chasse, la parlementaire avait notamment déclaré : « Nous serons là debout, face à eux, physiquement ! » Ces propos ont conduit la Fédération nationale des chasseurs à annoncer une plainte et le député Daniel Labaronne à effectuer un signalement auprès de la justice.

Sans préjuger de leur qualification juridique, la Coordination Rurale considère que ces déclarations posent une question légitime : où se situe la frontière entre la vigueur du combat politique, l’appel à la confrontation et l’incitation à la violence ?

Cette frontière doit pouvoir être discutée sereinement, quelles que soient les convictions politiques de celles et ceux qui prennent la parole.

On peut condamner des mots. On ne fera pas disparaître la colère agricole.

Au-delà de cette procédure judiciaire, la Coordination Rurale entend rappeler la réalité de la crise que traverse l’agriculture française : des exploitations fragilisées, des revenus insuffisants, des charges croissantes, une accumulation de contraintes et des agriculteurs qui ne parviennent plus à vivre dignement de leur travail.

Cette colère ne saurait justifier la violence. Mais elle ne peut davantage être ignorée, disqualifiée ou réduite à une controverse autour des déclarations d’un responsable syndical.

La Coordination Rurale continuera à contester avec détermination les politiques qu’elle juge contraires à la souveraineté alimentaire, à la pérennité des exploitations et à la dignité du métier d’agriculteur.

La décision rendue à Auch ne change rien à cette détermination. Le débat judiciaire suivra son cours. Le combat syndical, lui, se poursuivra sur le terrain des idées, des revendications et des mobilisations démocratiques.

Défendre l’agriculture française n’est pas une provocation. C’est la raison d’être de la Coordination Rurale.

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Coordination Rurale | coordinationrurale.originis.fr

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