Sécheresse, manque de fourrage, trésoreries fragilisées : invité sur RCF, Sébastien Bruguière, président de la Chambre d’agriculture du Tarn, a alerté sur les difficultés des exploitations. Face à cette situation, il demande des aides à la hauteur des pertes, une simplification concrète et des moyens pour sécuriser l’accès à l’eau.

Dans le Tarn, les conséquences de la canicule s’ajoutent à une situation économique déjà difficile. Au micro de RCF, Sébastien Bruguière décrit des cultures de printemps durement touchées et des éleveurs confrontés au manque de fourrage. Pour les exploitations, la baisse des récoltes se conjugue à des coûts de production élevés, fragilisant encore les trésoreries. Les difficultés concernent toutes les tailles d’exploitation. Il rappelle notamment que, derrière une grande ferme, plusieurs familles peuvent dépendre d’un même outil de travail.

Des aides suffisantes, simples et rapides

Interrogé sur le plan de soutien annoncé par le gouvernement, Sébastien Bruguière juge la réponse insuffisante. Il souligne qu’une partie des mesures correspond à des dispositifs déjà existants et demande des moyens supplémentaires à la hauteur des besoins. L’urgence est concrète : acheter du fourrage pour nourrir les troupeaux, financer les prochaines mises en culture et permettre aux exploitations de poursuivre leur activité. Les délais de versement constituent donc un enjeu majeur. « Ce que je souhaite, c’est que ce ne soit pas une usine à gaz », insiste-t-il, en demandant de la réactivité dans la mise en œuvre des aides.

Stocker l’eau et accompagner les projets

Pour faire face à la répétition des épisodes de sécheresse, le président de la Chambre d’agriculture défend le stockage de l’eau lorsqu’elle est abondante, afin de pouvoir l’utiliser en été. Il regrette le poids des démarches et le coût des études nécessaires aux projets de retenues. Il précise que l’aide du Département porte sur les études environnementales, et non sur le financement des retenues elles-mêmes. Pour mieux accompagner les agriculteurs et maîtriser ces coûts, il annonce la réinternalisation des études liées aux projets de retenues au sein de la Chambre d’agriculture, avec des recrutements engagés dans ce sens.

Permettre aux agriculteurs de travailler

La simplification doit aussi se traduire dans le quotidien des exploitations. Sébastien Bruguière évoque notamment des alertes sur les dossiers PAC lorsque le système de suivi des parcelles peine à reconnaître les cultures dégradées par la canicule. Une contrainte supplémentaire pour des agriculteurs déjà confrontés aux pertes.

Son intervention rappelle enfin que soutenir l’agriculture, c’est préserver la vie des campagnes. À travers l’exemple de la foire de Tanus, il souligne la place des éleveurs, leur engagement et le lien qu’ils entretiennent avec le public.

Pour la Coordination Rurale, ces constats appellent des réponses concrètes : soutenir les trésoreries, faciliter les projets et permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier. La souveraineté alimentaire doit se traduire par des moyens pour ceux qui produisent.

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