La Coordination Rurale estime largement insuffisantes les annonces du Gouvernement pour soutenir les agriculteurs confrontés à une situation économique et climatique particulièrement difficile.

Après les épisodes de sécheresse qui ont durement frappé de nombreux territoires cet été, les pertes s’accumulent dans des exploitations déjà fragilisées par plusieurs années de hausse des charges, de contraintes réglementaires et de revenus insuffisants. Il faudra plusieurs milliards d’euros pour sauver la saison agricole et empêcher la disparition de milliers d’exploitations. L’enveloppe annoncée, de l’ordre d’un milliard d’euros, est donc très loin de répondre à l’urgence. Seulement 200 millions d’euros sont réellement proposés à la main des préfets. Tous les autres dispositifs sont en vérité déjà en place (ISN, exonération TFNB, prise en charge des cotisations sociales) mais parmi les dossiers d’exonérations (GNR), de nombreux remboursements ne sont pas instruits et se font encore attendre..

Un véritable plan de sauvegarde doit désormais être engagé !

La France ne peut répondre indéfiniment aux crises agricoles par des enveloppes d’urgence. Il faut s’attaquer aux causes structurelles de l’affaiblissement de notre agriculture et faire des choix dans la dépense publique.

La Coordination Rurale demande que le financement d’un véritable plan de sauvegarde de l’agriculture française soit notamment recherché dans la réduction des déficits publics, par une remise à plat de l’organisation administrative de l’État.

La France ne peut plus multiplier agences, structures administratives et doublons, qui produisent rapports, normes et procédures et contribuent à la complexification de l’action publique, notamment agricole. Supprimer les doublons, réduire le millefeuille administratif et mettre fin à la production normative inutile doit être une priorité avant d’exiger toujours davantage d’efforts des agriculteurs. Les collectivités locales doivent également faire l’objet d’une réduction de leurs dépenses. Les économies réalisées permettront de dégager des marges de manœuvres budgétaires supplémentaires au bénéfice des situations urgentes !

L’urgence : redonner de la trésorerie aux exploitations !

À très court terme, les agriculteurs ont besoin de trésorerie. La Coordination Rurale demande donc que les aides publiques, et notamment les aides de la PAC (1er et 2e piliers), soient versées et avancées au plus vite, afin de permettre aux exploitations de faire face à leurs échéances.

Cette urgence est le résultat de plusieurs années de choix politiques ayant relégué l’agriculture au second plan, alors même qu’elle constitue un pilier de notre souveraineté alimentaire.

Libre-échange, sur-réglementation, hausse des charges et concurrence de productions importées soumises à des exigences différentes : l’empilement de ces contraintes fragilise directement notre capacité à produire en France.La disparition progressive des exploitations n’est pas une fatalité : elle résulte de choix politiques qui peuvent encore être corrigés.

La Coordination Rurale appelle donc à une refonte profonde du modèle agricole français, de la production à la distribution : meilleure répartition de la valeur, concurrence équitable, cohérence entre politiques agricole, commerciale et environnementale, et surtout possibilité pour les producteurs de vivre dignement de leur travail.

L’agriculture ne peut plus être une variable d’ajustement !

Les contraintes budgétaires sont réelles, mais elles ne peuvent justifier l’inaction. Lorsqu’un État trouve les moyens de financer des dispositifs administratifs toujours plus nombreux, il doit être capable de trouver les moyens de sauver ceux qui produisent et nourrissent la Nation.

La Coordination Rurale demande au Gouvernement un plan pluriannuel de sauvegarde de l’agriculture française, doté de moyens à la hauteur des besoins et financé notamment par une réduction effective des dépenses administratives inutiles.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les candidats devront répondre clairement à une question : la France veut-elle encore être une grande nation agricole et conserver sa souveraineté alimentaire ?

L’agriculture française n’a pas besoin de mesures ponctuelles pour survivre quelques mois. Elle a besoin d’un changement de modèle, de décisions politiques courageuses et d’une véritable priorité nationale. La Coordination Rurale demande au Gouvernement de passer des annonces à l’action !

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