Suite au rejet par le Conseil Constitutionnel de l’utilisation encadrée de l’acétamipride, les betteraviers et producteurs de noisette sont très inquiets pour leurs futures récoltes.
L’interdiction de cette molécule depuis 2018 va bien au-delà de ces seules cultures. L’absence d’autres matières actives pour traiter et faire face au fléau de la punaise diabolique (halyomorpha halys), ravageuse de culture, a durement impacté tout le secteur des fruits et légumes.
Nous avons rencontré Jean-Louis Ogier, arboriculteur en Isère, spécialisé dans la poire, pour mieux comprendre l’impact de cette interdiction.
Quelles sont les conséquences de la présence de la punaise diaboliques sur vos poiriers ?
La punaise diabolique vit et se développe principalement dans les haies et les forêt. C’est pourquoi les parcelles en limite des haies ou des forêts sont beaucoup plus touchées par ce ravageur de culture. La présence de punaise diabolique entraine des malformations sur la poire qui devient dure et rend le fruit impropre à la commercialisation et à la transformation.
A droite un fruit sain et à gauche 3 poires touchées par la punaise diabolique
Comment vous protégez-vous aujourd’hui de la punaise diabolique ?
Depuis 2018 plus aucun produit efficace n’est autorisé. Nous sommes démunis de produits spécifiques pour ce fléau. Nous traitons aujourd’hui nos vergers avec les quelques produits autorisés mais ces traitements ont une efficacité très limitée sur la punaise diabolique. Nous attendons avec impatience une alternative à l’acétamipride.
Quelles conséquences sur la production de la poire ?
Sur mon exploitation, en 2024, nous avons récolté 800 tonnes de poire de 16 variétés différentes. La perte liée à la présence de la punaise diabolique est estimée à environ 20 % de la récolte attendue, soit 200 tonnes de fruits impropres à la consommation. Pour 2025, où nous sommes en pleine période de récolte, les pertes liées à ce nuisible s’annoncent encore plus importantes.
Pour aller plus loin sur la production de la poire :
Sur 5 ans , au niveau national, les surfaces de production dédiées à la poire ont augmenté de 4%. Dans le même temps la production a augmenté de 15 % pour atteindre 119 000 tonnes. Il est à noter que la production peut varier de manière significative d’une année sur l’autre en fonction des conditions climatiques (gel, grêle…).
La production française étant insuffisante pour répondre à la demande du marché national, les importations se sont élevées à 69 859 tonnes en 2024/2025, la Belgique étant le principal fournisseur (35 % des importations). Les apports hors UE (16 %) proviennent de l’Afrique du Sud, de l’Argentine et du Chili (période hivernale sans production en France).
Le volume d’exportation a été de 8 229 tonnes dont plus de 60% vers l’Italie, l’ Espagne et l’Allemagne.
Source : douanes françaises