La confirmation d’un septième foyer de tuberculose bovine dans le Calvados, mi-août, sur la commune de Brémoy, doit nous conduire à aller au-delà du simple décompte des exploitations touchées.
Le Calvados n’est pas un cas isolé. Mais cette situation nationale ne doit pas conduire à relativiser une réalité locale préoccupante : sept foyers en une seule campagne, cela reste un chiffre élevé pour notre département, avec à chaque fois un éleveur et une exploitation profondément bouleversés. Pour la Coordination Rurale du Calvados, une question doit désormais être posée : la stratégie actuelle permet-elle réellement d’enrayer la circulation de la maladie, ou se contente-t-elle de la gérer une fois qu’elle est installée ?
Les éleveurs se soumettent aux prophylaxies, aux contrôles et aux mesures de biosécurité exigées. Lorsque les foyers se multiplient malgré ces efforts, il est légitime d’évaluer l’efficacité du dispositif et de comprendre où se situent encore les failles.
Ce nouveau cas doit notamment nous interroger : le bovin positif provenait d’un foyer identifié un an auparavant et la maladie a finalement été détectée à l’abattoir plutôt qu’en élevage. Comment expliquer cette détection tardive ? Le suivi mis en place est-il suffisamment efficace ? Les protocoles de dépistage sont-ils toujours adaptés à la circulation de la maladie ?
Alors que la prochaine campagne de prophylaxie doit reprendre à l’automne, la CR14 ne demande pas la création d’un nouveau dispositif, mais un retour d’expérience approfondi et transparent sur les foyers détectés en 2026 : origine probable des contaminations, mouvements d’animaux, efficacité du dépistage et des mesures de biosécurité, rôle de l’environnement et de la faune sauvage. Notre objectif doit être d’empêcher les contaminations, pas simplement de mieux gérer les exploitations une fois qu’elles sont contaminées.
Enfin, derrière chaque foyer, il y a un éleveur. L’accompagnement doit prendre en compte les animaux abattus, mais aussi les pertes économiques, les contraintes sanitaires et la désorganisation de l’exploitation dans la durée.
Après sept foyers dans le Calvados, il est temps d’évaluer la stratégie, pas seulement de compter les cas.
Coordination Rurale du Calvados (CR14)