1. Des annonces, des chiffres… mais quelle réalité ?
À grand coup d’annonces et de milliards promis, on voudrait nous faire croire que l’agriculture française est soutenue. Pourtant, les exploitations disparaissent, les charges explosent et de nombreux agriculteurs ne parviennent plus à vivre de leur travail.
Les aides PAC, à l’origine destinées à compenser les baisses de prix liées aux transformations du marché agricole européen et à l’ouverture à la concurrence mondiale, ne correspondent plus aux attentes initiales. Leur répartition interroge également.
En 2023, 20 % des bénéficiaires ont perçu 50 % du montant total des aides PAC.
Les chiffres annoncés peuvent paraître considérables. Mais combien reste-t-il réellement par exploitation ?
Les annonces d’aides ne doivent plus masquer l’essentiel : sans prix rémunérateurs, aucune agriculture ne peut durablement survivre.
2. Producteurs et consommateurs : les deux grands perdants
L’agriculteur vend de moins en moins cher. Le consommateur paie de plus en plus cher.
Entre les deux, les intermédiaires se multiplient : collecte, transformation, transport, distribution, centrales d’achat, banques…
À chaque étape, des coûts, des marges et des taxes peuvent s’ajouter. L’État perçoit également des recettes fiscales sur les opérations taxables. La fiscalité des carburants illustre cette question : lorsque les prix augmentent, les taxes représentent aussi une part du prix payé par les usagers.
Alors, où passe la différence entre le prix payé au producteur et celui payé par le consommateur ?
Il est temps de faire toute la lumière sur la formation des prix et sur la répartition de la valeur.
Arrêtons d’opposer agriculteurs et consommateurs. Nous sommes dans le même bateau.
3. Agriculteurs : arrêtons de nous désigner comme les coupables de tout !
On nous accuse de faire monter les prix. On nous présente comme des pollueurs. On oublie trop souvent que les agriculteurs sont les premiers à dépendre de la qualité de leurs sols, de leur eau et de leur environnement.
Sans terres fertiles, il n’y a pas d’agriculture. Sans agriculture, il n’y a pas d’alimentation.
L’agriculture doit continuer à progresser dans ses pratiques environnementales. Mais les responsabilités doivent être examinées avec honnêteté : les pollutions de l’eau ont des origines multiples, et les agriculteurs ne peuvent être les boucs émissaires de tous les problèmes écologiques.
Certains produits phytosanitaires restent aujourd’hui nécessaires pour protéger les cultures et assurer la production. Nous ne demandons pas le maintien de produits si des alternatives efficaces existent et sont réellement accessibles.
Nous demandons des solutions concrètes, pas des accusations.
Unissons-nous plutôt que de nous déchirer
Agriculteurs et consommateurs sont les deux grands perdants d’un système qui mérite d’être remis à plat.
Cet hiver et le printemps prochain pourraient être décisifs pour de nombreuses exploitations si aucune réponse économique à la hauteur n’est apportée.
La Coordination rurale de l’Orne demande :
- Des prix rémunérateurs, pas des primes pour survivre.
- Une transparence totale sur les aides PAC et la formation des prix.
- Une répartition plus juste de la valeur.
- Une politique agricole qui protège notre production et notre souveraineté alimentaire.
Même combat, mêmes intérêts !
Coordination rurale de l’Orne – CR61