La Coordination Rurale du Calvados s’interroge vivement sur la capacité de l’État à entendre la colère agricole, au regard de la nomination d’Anne Le Strat au poste de directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), chargée de la « mobilisation de la société ».
Alors que les agriculteurs se mobilisent depuis des mois pour dénoncer les abus des contrôles, la pression administrative croissante et le climat de défiance instauré par certaines institutions, ce choix apparaît comme un signal particulièrement malvenu. Il interroge sur la réelle prise de conscience, par l’État, de la gravité de la situation vécue sur le terrain.
Figure de l’écologie politique, Anne Le Strat incarne une vision idéologique de l’agriculture, souvent perçue comme déconnectée des réalités économiques, techniques et humaines du métier d’agriculteur. Sa nomination à un poste stratégique au sein de l’OFB renforce les inquiétudes d’une profession déjà éprouvée par des contrôles vécus comme excessifs, injustes et parfois abusifs.
Les agriculteurs ne refusent pas les contrôles. Ils refusent la stigmatisation permanente, la présomption de culpabilité et les sanctions disproportionnées qui fragilisent encore davantage des exploitations déjà en grande difficulté. Dans ce contexte, confier davantage de responsabilités à une personnalité associée à un durcissement idéologique du discours environnemental est perçu comme une provocation supplémentaire.
« Cette nomination nous fait sérieusement douter que l’État ait compris le message envoyé par les agriculteurs mobilisés partout en France. Les contrôles sont devenus un outil de pression plus qu’un outil d’accompagnement. À force d’ignorer le terrain, l’État prend le risque d’aggraver une colère déjà profonde », déclare Jean-Jacques Pesquerel, président de la Coordination Rurale du Calvados.
La Coordination Rurale du Calvados se demande donc si l’État a réellement pris la mesure des mobilisations agricoles et des alertes répétées concernant les dérives des contrôles de l’OFB. À défaut d’apaisement et de dialogue, cette nomination confirme la crainte d’un maintien, voire d’un renforcement, d’un système oppressant et déconnecté du terrain.
À force d’imposer des décisions sans concertation et de refuser toute remise à plat du rôle de l’OFB, l’État alimente une colère légitime. La Coordination Rurale du Calvados appelle à un changement profond de méthode, fondé sur la confiance, le respect et l’écoute des agriculteurs.
Sans réponse claire et sans inflexion réelle, la fracture entre le monde agricole et les pouvoirs publics ne pourra que s’aggraver, avec des conséquences que l’État devra assumer.