Mission parlementaire sur les crises sanitaires : dans le Doubs dans une exploitation touchée

Le 26 janvier 2026, une délégation de trois députées s’est rendue à Pouilley-Français (Doubs) dans le cadre de la mission parlementaire “flash” sur les crises sanitaires en élevage. La visite s’est déroulée sur l’exploitation de la famille Lhomme, durement frappée par une crise sanitaire ayant conduit au dépeuplement total du troupeau. La Coordination Rurale était présente lors des échanges.

Une mission parlementaire sur le terrain

Trois députées membres de la mission d’information sur les crises sanitaires en élevage ont effectué un déplacement dans le Doubs après une première étape dans le Jura. La délégation était composée de Géraldine Grangier (Doubs), Manon Meunier (Haute-Vienne) et Nicole Le Peih (Morbihan).

L’objectif : recueillir des témoignages de terrain et analyser les conséquences concrètes des protocoles sanitaires appliqués dans les élevages. Les conclusions de cette mission doivent être rendues avant le Salon de l’Agriculture.

Un échange avec l’ensemble des acteurs agricoles

La rencontre a réuni autour de la famille Lhomme plusieurs représentants du monde agricole : Coordination Rurale (Savoie et Haute-Saône), Confédération paysanne du Doubs, Solidarité Paysans, Chambre d’agriculture du Doubs et direction.

Les échanges ont permis de revenir en détail sur le déroulé des événements : détection des premiers signes sur un animal, décisions administratives, dépeuplement du cheptel et désinfection complète des bâtiments.

Des protocoles sanitaires fortement contestés

Les participants ont exprimé de nombreuses interrogations sur des protocoles jugés inadaptés et incohérents. Un point majeur ressort : l’absence d’harmonisation entre départements, avec des pratiques différentes selon les territoires.

Il a également été rappelé que la mise en place de la vaccination s’accompagnait d’un engagement d’abattages ciblés au cas par cas. Le non-respect de cette orientation a provoqué une perte de confiance importante envers les autorités sanitaires. Sur le terrain, cette situation nourrit la crainte d’une sous-déclaration future des cas.

Indemnisations : des zones d’ombre persistantes

Les modalités d’indemnisation restent floues pour de nombreux éleveurs. Dans certains départements, des exploitants attendent encore des réponses sur la prise en charge de leurs pertes. Cette incertitude financière renforce l’angoisse des fermes touchées.

Un choc humain trop peu pris en compte

Au-delà de l’impact économique, la dimension humaine a été fortement soulignée. La famille Lhomme a décrit une intervention vécue comme extrêmement brutale, marquée notamment par la présence massive des forces de l’ordre sur l’exploitation. Un traumatisme qui laisse des traces durables.

Des questions toujours en suspens

Le monde agricole reste dans l’attente de réponses claires :

La maladie peut-elle réapparaître au printemps ?

Une nouvelle vaccination sera-t-elle nécessaire ?

Les protocoles seront-ils revus et harmonisés ?

La Coordination Rurale continuera de porter la voix des éleveurs afin d’obtenir des règles cohérentes, proportionnées et équitables sur l’ensemble du territoire.

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