Les 13 et 25 juin 2025 resteront des dates marquées à l’encre rouge dans les agendas des agriculteurs, maraîchers et horticulteurs de l’Eure. Ces deux dates marquent le passage de violentes tempêtes de grêle qui ont laissé derrière elles un paysage de désolation, particulièrement ressenti dans notre département de l’Eure. Ce couloir qui a été traversé par ces intempéries a vu ses champs, serres et exploitations endommagés, réduisant à néant des mois de travail acharné.
En quelques minutes, le fruit d’une année de travail s’est volatilisé pour laisser place à des champs ravagés par la grêle et des toitures endommagées…
Et maintenant…
Plutôt du genre positif et enthousiaste, je m’interroge, j’analyse.
Oui, encore une année compliquée se profile…
Avec moins de production, un virement des assurances aléas climatiques (pour ceux qui sont assurés !) qui sera classé dans les revenus exceptionnels et non en compensation de pertes !…
Il va falloir faire face à toutes les charges en hausse qui nous incombent.
Certaine qu’il y aura dans nos campagnes des situations extrêmement préoccupantes, voire désespérées, des catastrophes humaines et sociales…
Alors que faisons-nous ?
Que faisons-nous avec un lin endommagé… et les résidus ?
Que faisons-nous avec les colzas grêlés ? Pendant des années, nous serons confrontés aux repousses… désherbages systématiques, chimiques, mécaniques ? Encore des coûts en plus !
Pour nous, Coordination Rurale de l’Eure, il serait urgent que pour les éleveurs, une dérogation pour couper les jachères s’impose immédiatement.
En plus, il est impératif de pouvoir détruire la culture en place pour laisser place à une implantation afin de pouvoir nourrir le bétail cet hiver.
Ces événements sont susceptibles d’empêcher les agriculteurs, maraîchers et horticulteurs de respecter certaines obligations qui leur incombent au titre de la PAC 2025.
Nous, Coordination Rurale de l’Eure, nous demandons face à ces circonstances exceptionnelles des dérogations exceptionnelles.
Parlons finances, nous, la C.R demandons de débloquer les compensations de prix aux structures touchées par les aléas climatiques.
Nous demandons également de faire un plan de financement pour les agriculteurs, maraîchers et horticulteurs sinistrés avec leur banque à un taux de 0%, ainsi qu’une prise en charge par leur conseiller de gestion pour une étude économique de bilan provisoire.
Enfin, nous souhaitons mettre en place une réunion avec Monsieur le Préfet, la DDTM et tous les acteurs du monde agricole : Professionnels, banques, conseillers de gestion, Chambre d’agriculture, conseillers techniques de nos coopératives et de nos négociants afin de trouver tous ensemble et sans aucune publicité syndicale, une solution pour sortir de cette calamité agricole !
Nous finirons par le rôle crucial que doit jouer la MSA. Il est impératif que notre mutuelle sociale agricole apporte un grand soutien avec la mobilisation des salariés qui pourraient aller au-devant des agriculteurs (courrier, appel, mail…) afin de les accompagner au mieux dans leur situation. Cela permettrait également aux personnes touchées et trop fragilisées pour s’en sortir seules, de bénéficier d’une aide psychologique ou d’une écoute nécessaire pour ne pas commettre l’irréparable.
Au nom de tous les agriculteurs de France,
Jacques, Jérôme et Maryvonne, pour la Coordination Rurale de l’Eure