UNE PERCÉE HISTORIQUE QU’IL NOUS FAUT EXPLOITER SANS ATTENDRE
Les élections aux chambres d’agriculture, qui viennent de se tenir, ont eu comme principale caractéristique, tous les observateurs l’ont signalé, une très nette progression de la CR dans tout le pays, et en particulier dans le Sud-Ouest, avec 14 chambres remportées par notre syndicat.
En Bourgogne-Franche-Comté, si nous n’avons encore remporté aucune chambre, nous progressons dans tous les départements, et de plus de 10 points dans L’Yonne, la Haute-Saône et la Saône-et-Loire, comme vous pouvez le voir sur les tableaux joints, la palme étant remportée par l’Yonne où nous progressons de 14,69 points pour arriver au score de 34,74 % des voix dans le collège des exploitants, ce qui est également notre meilleur score dans la Région. Nous sommes au dessus de 30 % dans trois départements (Yonne, Saône-et-Loire et Territoire de Belfort), souvent proches de ce score ailleurs et partout au dessus de 20 %.
Si nous avons incontestablement été portés par une dynamique nationale, la Région en a été un élément moteur, et je veux remercier ici tous ceux qui ont participé à nos actions sur Paris, Strasbourg et Bruxelles. Mais nous avons également marqué des points grâce à nos actions dans nos départements et dans la Région, que ce soit en nous opposant aux politiques absurdes menées par nos dirigeants politiques, ou au cours de la campagne électorale. Merci donc à tous ceux qui ont participé à ces actions locales ou se sont portés candidats.
Mais l’élément majeur qui nous a porté est tout simplement, à mon avis, le fait que la situation catastrophique de notre agriculture démontre l’urgence qu’il y a à adopter les deux axes forts des propositions de la CR :
- la souveraineté alimentaire et l’exception agriculturelle d’une part, pour nous protéger de la concurrence déloyale.
- le retour à des prix rémunérateurs d’autre part, la dépendance aux primes nous livrant aux obligations administratives et normatives, ainsi qu’au harcèlement des contrôles qui nous étouffent.
De plus en plus d’agriculteurs en ont pris conscience, en votant CR, et je tiens également à les en remercier. A nous de convaincre dès à présent ceux qui ne l’ont pas encore compris, et en particulier ceux qui n’ont pas pris part au vote, et qui restent hélas, et désespérément, autour de la moitié des exploitants (la plus forte participation, en Haute-Saône, restant en dessous de 60 %, et la plus faible, en Saône-et Loire, n’atteignant même pas les 40 %. La seule progression notable de la participation (+4,93 points), est encore dans l’Yonne, partie de bien bas il est vrai, et elle nous a profité.
Enfin, notre progression n’aurait pas été si forte sans le travail quotidien sur le terrain de ceux qui nous représentent vis-à-vis de tous les agriculteurs, de l’administration, des élus et des citoyens. Qu’ils soient également remerciés de leur engagement souvent ingrat et peu visible de la majorité d’entre nous. Ma conviction est que c’est là que nous pourrons le plus faire progresser nos idées dans les années qui viennent, en nous dotant du maillage territorial qui nous fait encore défaut, et permet au syndicat majoritaire de résister malgré le bilan catastrophique de sa cogestion de la politique agricole française.
Il nous faut donc, sans attendre, investir les comités Safer, les commissions dans lesquelles nous n’avions pas jusqu’à aujourd’hui les moyens de siéger,…Mais nous devrons y traquer le copinage au profit d’un système équitable, et non d’un autre copinage. Les élections MSA vont, dès demain, nous donner l’occasion de construire ce maillage.
Les résultats que nous venons d’obtenir nous donnent une légitimité supplémentaire pour porter la voix de tous les agriculteurs, la forte progression de notre nombre d’adhérents doit nous permettre d’être désormais présents sur tous les fronts, si tous ceux qui le peuvent veulent bien s’investir, ne serait-ce que dans une seule commission. Alors, pour exploiter cette percée historique au service de tous les agriculteurs, en avant….
Thierry-James Facquer, Président CR BFC