La loi Duplomb-Menonville, qui vient d’être adoptée au parlement, fait l’objet d’attaques nombreuses de la part d’une petite partie de la classe politique, qui a réussi, par des arguments simplistes et mensongers, à séduire une partie de l’opinion publique.
Ces ennemis mettent en avant la réintroduction de l’acétamipride, un insecticide indispensable à la culture, entre autres, de la betterave à sucre et des noisettes, dont l’usage n’est interdit qu’en France, et ce malgré un avis de l’Anses, qui considère qu’il ne présente aucun danger significatif (il est d’ailleurs largement utilisé dans les insecticides domestiques) L’interdiction de ce produit a déjà eu un considérable impact négatif sur la filière sucre (6 sucreries fermées au cours des six dernières années) en France, et est emblématique de la démarche suicidaire à laquelle nous conduisent les décisions purement idéologiques, et totalement déconnectées des réalités, inspirées par les faux écologistes.
En effet que s’est-il passé suite à l’interdiction de ce produit ? Tout simplement une forte baisse de notre production de sucre, comme à chaque fois qu’on interdit un produit de traitement, car si les agriculteurs l’ utilisent, ce n’est pas pour le plaisir de dépenser le peu d’argent dont ils disposent, mais parce qu’il permet de réduire les dégâts sur les récoltes. Cette baisse de production, qui nuit bien entendu à notre rentabilité, ce dont se moque Madame Rousseau, que la survie des travailleurs ruraux n’ intéresse pas, mais détruit aussi toute une filière industrielle et commerciale, a-t-elle au moins un impact positif sur l’environnement ? Et bien non, et c’est même le contraire. En effet, si l’interdiction de l’acétamipride fait indéniablement baisser, entre autres, notre production de sucre, elle ne change rien à la consommation qui en est faite. Et le sucre qu’on ne produit plus, mais qu’on continue à consommer, d’où vient-il ? Du reste du monde, qui continue à utiliser ce produit qui, rappelons le, n’est interdit que chez nous. L’acétamipride qui n’est pas épandu chez nous pour produire le sucre que nous consommons, l’est donc chez nos voisins, et souvent en bien plus grande quantité que ce qui serait fait en France. Qui plus est, il faut le faire venir, au prix d’émissions de carbone supplémentaires. Et, bien entendu, il faut le payer, en empruntant l’argent qu’on ne tire plus de nos productions. Et c’est ainsi que notre dette explose.
Si on fait donc le bilan, l’interdiction de l’acétamipride, c’est donc :
- moins de production
- plus d’importations, moins d’exportations
- un peu moins de pollution en local, mais beaucoup plus au global
- la disparition à terme d’un certain nombre d’exploitations agricoles
- des faillites ou des délocalisations, et donc du chômage,dans l’agro-alimentaire
- plus de dette
Alors, disons le tout net, vive la loi Duplomb-Menonville ! Et ce d’autant plus que la réintroduction de l’acétamipride n’en est qu’un des articles, et que l’essentiel de ce contenu reste un premier pas, certes insuffisant, mais non négligeable, vers l’indispensable allègement des contraintes administratives qui nous étouffent.
Cette loi comporte aussi:
- l’élargissement du conseil stratégique phytosanitaire en un conseil stratégique global
- l’alignement des seuils de définition de l’élevage intensif sur les seuils européens
- la possibilité pour les préfets de faire passer certaines installations du régime de l’enregistrement à celui de l’autorisation
- une modification des modalités d’évaluation des pertes de récoltes
- une facilitation du stockage de l’eau
- des modifications des règles d’intervention de l’OFB
Thierry-James FACQUER
Président de la CR Bourgogne-Franche-Comté