Le couperet est tombé le 29 juin 2025. Pour la première fois, la Dermite Nodulaire Contagieuse (DNC) a été officiellement confirmée sur le territoire français, dans la commune d’Entrelacs en Savoie. Cette maladie virale, bien connue des éleveurs en Afrique du Nord et en Asie, gagne aujourd’hui l’Hexagone après avoir été détectée quelques jours plus tôt en Sardaigne et en Lombardie.
La DNC, classée comme maladie à déclaration obligatoire, touche exclusivement les bovins et se propage principalement via des insectes piqueurs, comme les stomoxes et les taons. Les premiers foyers français marquent une étape redoutée par la filière : celle du passage de la menace à la réalité.
Une progression rapide et une vigilance renforcée
À peine dix jours après le premier cas italien, la France est frappée. Au 15 juillet, 21 foyers sont recensés : en Savoie et Haute-Savoie. Une zone réglementée de 50 kilomètres a été instaurée, comprenant une zone de protection immédiate et une zone de surveillance élargie. L’objectif est clair : contenir la propagation et éviter une extension vers d’autres départements.
Dans cette optique, les mouvements de bovins sont strictement encadrés, les élevages concernés font l’objet de visites vétérinaires renforcées, et les animaux infectés sont systématiquement abattus. La désinfection des lieux, la destruction des insectes vecteurs et la mise en place de barrières sanitaires sont autant de mesures mises en œuvre pour tenter d’enrayer l’épizootie.
Une alerte sans suite dans le Doubs, mais une tension palpable
Le 9 juillet, la Coordination Rurale 25 participait à une réunion organisée par la DDETSPP du Doubs, suite à la détection d’un cas suspect dans le département. Les résultats se sont révélés négatifs, apportant un soulagement bienvenu. Mais la vigilance reste de mise. À l’échelle régionale, la situation est suivie de très près, notamment en Bourgogne-Franche-Comté, compte tenu de la proximité géographique avec les zones touchées.
Une maladie redoutée, aux conséquences multiples
La DNC n’est pas dangereuse pour l’Homme, mais elle inflige de lourdes conséquences aux bovins infectés : fièvre, abattement, chute de lactation, ganglions gonflés, nodules cutanés, voire atteintes internes. Si la mortalité reste généralement limitée, les pertes économiques peuvent être majeures, notamment en cas de dépeuplement imposé, d’interdictions de vente, ou de blocages commerciaux durables.
Pour les éleveurs concernés, des indemnisations sont prévues. Ils peuvent faire appel à deux experts indépendants de leur choix pour estimer la valeur de leurs animaux, base du calcul des compensations. Mais au-delà des chiffres, la dimension humaine n’est pas négligée : un soutien psychologique est proposé à ceux qui subissent de plein fouet cette crise.
Biosécurité : un impératif collectif
Dans ce contexte, la prévention reste l’arme la plus efficace. L’État et les organisations professionnelles appellent les éleveurs à renforcer les mesures de biosécurité : limiter les visites, désinfecter les bottes, utiliser du matériel à usage unique, stationner les véhicules à distance des animaux, ou encore traiter les troupeaux avec des insecticides adaptés.
La lutte contre les insectes vecteurs est également essentielle. Cela passe par une gestion rigoureuse du fumier, le nettoyage régulier des abords des bâtiments, et, si besoin, l’utilisation de répulsifs ou de bâches pour limiter les gîtes larvaires.
Vaccination : des décisions à venir
Si des vaccins existent et ont déjà fait leurs preuves dans d’autres pays européens, la stratégie française n’a pas encore été définie. Des stocks sont en cours de répartition au niveau européen, et la France a réservé une partie de ces doses. Il faudra toutefois attendre les arbitrages des autorités sanitaires avant toute mise en œuvre.
La Coordination Rurale mobilisée
Face à cette situation inédite, la Coordination Rurale Bourgogne-Franche-Comté appelle les éleveurs à ne pas céder à la panique, mais à agir avec rigueur et solidarité. L’organisation suit de près l’évolution de l’épidémie et continue de relayer toutes les informations utiles à ses adhérents.
Pour toute question pratique, une FAQ officielle du ministère de l’Agriculture est mise à jour régulièrement.
👉 Voir la FAQ : agriculture.gouv.fr
Et pour des conseils en biosécurité, GDS France propose une fiche synthétique accessible ici :
👉 Télécharger la fiche biosécurité – GDS France