CROPSAV du 2 mars : bilan et perspectives
La réunion du CROPSAV consacrée à la dermatose nodulaire bovine (DNB) s’est tenue en format mixte, en présentiel et en visioconférence, afin d’évaluer la situation sanitaire et d’arrêter une position régionale concernant la stratégie vaccinale, en particulier pour la zone réglementée ZR5.
Contexte sanitaire
La dermatose nodulaire bovine est apparue en France à l’été 2025 et a conduit à la mise en place de zones réglementées ainsi qu’à une campagne de vaccination d’urgence. En Bourgogne–Franche-Comté, plusieurs foyers ont été détectés dans le Jura et le Doubs, entraînant des mesures sanitaires strictes et l’abattage de cheptels concernés.
La situation est aujourd’hui considérée comme favorable, aucun foyer actif n’étant recensé à ce stade grâce à la détection précoce des cas et à la mise en œuvre rapide de la vaccination. Depuis le 16 janvier 2026, la région est classée en zone vaccinale de type ZV2.
Orientations nationales
Il a été rappelé que la CNOSPAV avait initialement étudié trois scénarios possibles :
- L’arrêt de la vaccination,
- La poursuite de la vaccination,
- L’extension de la vaccination à d’autres
À l’issue des travaux nationaux, l’option de poursuite de la vaccination dans les zones réglementées a été privilégiée, certaines décisions restant toutefois à adapter au niveau régional, notamment pour la ZR5.
Le cadre réglementaire européen impose par ailleurs un calendrier strict pour le retour au statut indemne : le délai ne débute qu’à partir de l’arrêt officiel global de la vaccination.
Organisation vaccinale
Deux vaccins ont été utilisés depuis le début de la crise, issus respectivement de la banque européenne et du laboratoire MSD. La durée d’immunité reconnue réglementairement demeure fixée à douze mois.
La vaccination reste obligatoire tant que la zone conserve son statut vaccinal.
Situation particulière de la ZR5
La ZR5 concerne 41 communes du Jura et 137 communes de Saône-et-Loire, avec des taux de vaccination très élevés. Le foyer à l’origine de cette zone étant lié à une introduction d’animaux infectés sans diffusion locale significative, la question du maintien de la vaccination s’est posée.
Deux orientations principales ont été débattues : arrêter la vaccination ou la poursuivre.
Il a été précisé qu’en cas d’arrêt de la vaccination, les analyses sanitaires nécessaires aux mouvements d’animaux seraient alors à la charge directe des éleveurs, élément ayant fortement alimenté les discussions.
Échanges et débats
Les échanges ont porté à la fois sur les enjeux sanitaires, économiques et organisationnels liés à la stratégie vaccinale.
La Coordination Rurale Bourgogne–Franche-Comté a été la première organisation à se positionner clairement en faveur de la poursuite de la vaccination en ZR5.
Elle a notamment souligné qu’au regard des incertitudes sanitaires et du risque de reprise épidémique, le maintien d’une couverture vaccinale élevée constituait la solution la plus sécurisante pour les éleveurs.
Suite aux présentations techniques et aux débats en séance, le syndicat majoritaire, initialement plutôt opposé à cette orientation, s’est finalement rallié à cette position, contribuant à l’émergence d’un consensus.
La Coordination Rurale a également insisté sur la nécessité d’anticiper l’évolution de la situation sanitaire.
Elle a ainsi soutenu l’organisation d’un nouveau CROPSAV à l’été afin de réévaluer la stratégie en fonction de l’évolution épidémiologique, proposition accueillie favorablement par le préfet.
Plusieurs questions réglementaires ont été soulevées durant les échanges.
La Coordination Rurale a notamment demandé pourquoi la vaccination demeurait interdite en zone indemne. Il a été répondu que la vaccination entraînerait automatiquement la perte du statut de zone indemne au regard de la réglementation européenne.
Les discussions ont également abordé les conséquences pratiques d’une éventuelle reprise de l’épizootie.
La CR BFC a soulevé la question de la détermination d’un “lot contaminé” en cas de reprise de la maladie, notamment lorsque les animaux sont au pâturage et que des troupeaux appartenant à différents éleveurs sont en contact direct. Cette problématique soulève des enjeux importants en matière de responsabilité sanitaire et de gestion des abattages.
Dans le même esprit, la question de la traçabilité des troupeaux a été posée, en particulier dans les situations de vente d’herbe ou de prise en pension d’animaux, pratiques courantes dans la région.
Ce point a été jugé d’autant plus sensible à la suite de la décision de la Suisse de ne pas autoriser la mise en estive d’animaux en France, illustrant les conséquences concrètes des choix sanitaires sur les échanges transfrontaliers.
Les services de l’État ont indiqué que certaines de ces problématiques nécessiteraient des clarifications ou évolutions au niveau national voire européen.
Décision du CROPSAV
À l’issue des échanges, la proposition de poursuite de la vaccination en ZR5 a été soumise au vote des membres disposant d’une voix délibérative.
La décision a été adoptée à l’unanimité.
Le préfet a salué cette position collective, soulignant l’importance d’une décision claire et partagée pour assurer la lisibilité de l’action publique et la confiance des éleveurs.
Conclusion
Le CROPSAV a ainsi validé la poursuite de la vaccination en ZR5, privilégiant une approche de sécurisation sanitaire et de cohérence territoriale. Malgré une situation actuellement favorable, les participants ont rappelé la nécessité de rester vigilants face au risque de reprise, notamment durant la période estivale. Cette décision doit être validée par l’Etat et l’Europe.
Un nouveau point d’étape pourrait être organisé à l’été 2026 afin d’adapter la stratégie si nécessaire.