Biocarburants,  Tout va très bien Madame la Marquise !

Après la distillerie de Lillebonne (76), reconvertie en amidonnerie, (Tereos avait tardivement fait le constat que l'éthanol de blé français souffrait de la concurrence de l'éthanol importé), c'est au tour de deux coopératives (COHESSIS et SCAEL) de se retirer de l'union Blétanol qui alimente en blé la distillerie de Bazancourt (51).

Le souci de ce divorce, c'est qu'il ne s'est pas effectué par consentement mutuel puisqu'il a fallu un jugement du tribunal de Reims qui a donné raison aux deux coopératives en juin dernier.

En mettant au jour des pratiques partiales de gestion, les juristes de Reims ont montré que l'usine d'éthanol en question n'avait pas été installée avec l'objectif de valoriser les céréales des producteurs, bien au contraire. Le prix du blé était déterminé comme la variable d'ajustement du projet, une fois que tous les frais avaient été  payés.    

Ainsi, les agriculteurs, engagés contractuellement ou non, avaient touts les chances de payer sur leurs propres  deniers ce magnifique outil à perdre de l'argent.

Les usines ont d'ailleurs atteint cet objectif. Sur plusieurs coopératives concernées par cette activité distillerie, le prix In fine de la campagne 2010 du blé éthanol est inférieur en moyenne de 51 € (source : données coopératives), au même produit en débouché alimentaire.
Il est difficile de dire, aujourd'hui, si le jugement de Reims fera école au sein des coopératives et négoces, mais en choisissant, pour la visite présidentielle du 27 septembre dernier, une usine d'ester plutôt qu'une distillerie d'éthanol,  les responsables ont slalomé pour éviter des questions qui fâchent sur un dossier qui ne va pas si bien.

 

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