Jeudi 18 décembre dernier, le préfet du Calvados a réuni en matinée l’ensemble des organisations agricoles du département, dont la Coordination rurale, afin d’échanger sur les difficultés actuelles du monde agricole et plusieurs dossiers majeurs qui préoccupent les agriculteurs.
Dans un contexte économique tendu et face à un malaise grandissant dans la profession, les représentants agricoles ont fait entendre leurs inquiétudes sur des sujets structurants pour l’avenir de l’agriculture française.
Parmi les points abordés figurait tout d’abord la taxe carbone sur les engrais (MACF). Une information importante a été partagée lors de cette réunion : la Commission européenne a décidé d’accorder une dérogation spécifique aux engrais importés, dont l’impact serait limité à 1 %, contrairement à d’autres produits industriels qui verront cette taxe fortement augmenter à partir de 2026. Une décision qui reste néanmoins à surveiller de près, tant les coûts de production pèsent déjà lourdement sur les exploitations.
La question de l’accord MERCOSUR a également été évoquée. Le préfet a rappelé la position affichée par le Président de la République, qui estime que l’accord ne peut être signé en l’état. La Coordination rurale continue de dénoncer un projet d’accord qui mettrait en concurrence déloyale les agriculteurs français avec des productions ne respectant pas les mêmes normes sanitaires, environnementales et sociales.
Un long échange a enfin porté sur la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC), maladie virale grave touchant les bovins. Les représentants agricoles, et en particulier ceux de la Coordination rurale, ont exprimé leurs interrogations et leurs inquiétudes face à la stratégie nationale actuelle, fondée sur le dépeuplement systématique dès l’apparition d’un foyer.
À l’issue de la réunion collective et suite à l’action d’envergure mernée par la Coordination Rurale du Calvados, une délégation a été reçue spécifiquement par le préfet. Les échanges ont permis d’approfondir plusieurs points, notamment la question d’une vaccination généralisée, ses conséquences économiques pour la filière bovine bas-normande et les risques liés à la perte du statut sanitaire de la France à l’export.
La Coordination rurale a également fait part de ses craintes quant à la capacité de l’État à anticiper efficacement la gestion de la maladie, tant en matière de disponibilité des vaccins que d’accompagnement des éleveurs. Le préfet a indiqué que des stocks de vaccins étaient disponibles et qu’un plan de soutien financier de 10 millions d’euros avait été annoncé pour indemniser les éleveurs touchés.
Dans le Calvados, département aujourd’hui indemne, les services de l’État ont renforcé les contrôles sur les mouvements de bovins afin de préserver ce statut sanitaire. La Coordination rurale a insisté sur la nécessité de contrôles stricts, d’une information claire et d’une véritable anticipation pour éviter toute propagation.
Ces échanges ont montré une nouvelle fois la détermination de la Coordination rurale à défendre les intérêts des agriculteurs, à porter une parole claire et responsable, et à exiger des réponses concrètes face aux crises sanitaires et économiques qui frappent le monde agricole.