Le rapport de la Commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN) est sorti hier. Les fruits et légumes montrent une production stable ou en légère hausse, et des prix qui progressent respectivement de +7,5 % et +7,1 %, mais qu’en est-il réellement ?

 

Un volume stable et une valeur en augmentation pour les fruits

La valeur de la production de fruits a augmenté de 7,7 % : avec une hausse des prix de 7,5 %, les volumes sont quasiment stables (après une forte augmentation en 2023). Les fruits d’été ont souffert des intempéries estivales et de la chaleur qui ont entraîné une baisse des rendements. C’est le cas notamment pour la cerise avec une baisse de -12,3 %, le melon avec -8,3 % et la noix avec -19,9 %. A contrario, la météo a été plus favorable pour la production de pommes qui a augmenté de 9,2 % en volume. Le faible volume en cerise a ainsi entraîné une augmentation du prix, tout comme la poire où la demande était plus importante ainsi que la fraise. Néanmoins, la concurrence avec les importations d’Espagne de pêches et abricots fait diminuer les prix de -7,8 % et -3,6 % respectivement.

 

Des augmentations pour les légumes

La valeur de la production de légumes a augmenté de 10 % en raison d’une augmentation des volumes (+2,7 %) et des prix (+7,1 %). Dans l’ensemble, la production se redresse après les mauvaises récoltes de l’année précédente. Les augmentations sont surtout valables pour les salades, le chou-fleurs et l’ail. Concernant la tomate, elle est en baisse de volume et de prix, et les concombres et courgettes sont en baisse de prix. Pour ces 3 derniers produits, la concurrence avec l’Espagne se retrouve sur les prix et la météo estivale n’était pas propice à leur consommation dans certaines régions. Pour les autres légumes, les augmentations de prix s’expliquent par des prix élevés des charges comme l’énergie.

« Par ces différents chiffres, nous voyons bien que les importations et leurs concurrences en pleine saison avec nos fruits et légumes ont un impact sur le prix de nos productions », déclare Sébastien Heraud, responsable de la section Fruits et Légumes de la CR. « Si les prix de l’énergie ont un peu baissé, ils restent tout de même encore élevés. Les prix des produits phytopharmaceutiques augmentent (+8,7 %), de même que les engrais et amendements (+19,1 %). Les augmentations de prix sont donc liées aux augmentations de nos charges et à la prise de marge des intermédiaires (GMS notamment). Par contre, prôner la souveraineté alimentaire et laisser les importations concurrencer autant nos productions est incohérent. Il devient urgent de revoir le périmètre de nos marchés et de mettre en place une protection pour nos productions plébiscitées par les consommateurs français. »

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